DANS LES MEDIAS

La presse dit de lui

et Michel Germain écrit dans les médias

Docteur es-lettre en Histoire générale, fin critique de l'Histoire en Haute-Savoie de la Seconde guerre mondiale, Charles Heimberg, de l'Université de Genève avait accepté de préfacer  l'un des derniers livres de Michel Germain. livre qui malheureusement ne verra pas le jour faute de financement.Aussi avons-nous décidé de donner ici quelques extraits.

"Michel Germain nous propose dans cet ouvrage une suite de différents témoignages, et de quelques documents, dont le point commun est de concerner les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale en Haute-Savoie, entre le régime de Vichy, l’occupation italienne, l’occupation allemande et la Libération d’août 1944. Ainsi que des expériences de retour de déportation. Il en a tiré une chronique dans laquelle, comme il le souligne, il commente surtout des propos de gens modestes, d’obscurs et de sans-grade, qui rendent compte à leur manière d’un drame collectif et d’une criminalité exacerbée. Ce qu’il nous livre ici est donc assurément précieux. À côté de quelques documents spécifiques - par exemple une dénonciation, voire des propos provenant du camp des criminels -, ce sont d’abord et surtout des paroles de survivants, des paroles d’hommes et de femmes qui ont traversé cette période tragique, certaines exprimées peu après les faits, d’autres plus tardivement, évoquant parfois des disparus. Ce sont donc aussi, dans bien des cas, des récits forgés pour sauvegarder la mémoire de celles et ceux qui ont été engloutis par les horreurs de la guerre.

 

Il y a lieu de souligner l’intérêt de cette mise à disposition de témoignages à la fois sur le plan scientifique, pour qu’ils soient croisés à d’autres types de sources, et sur le plan de la transmission de l’histoire, chacun de ces textes ou une partie d’entre eux pouvant inspirer dans le cadre scolaire des activités d’apprentissage autour de cette thématique.

 

Mais voyons tout d’abord dans quel cadre s’inscrit ce nouveau livre de Michel Germain.

 

 

 

Un auteur prolixe

 

 

 

Le travail de Michel Germain est à ce jour considérable, notamment autour de cette période très sombre de la Seconde Guerre mondiale, de l’Occupation et de la Résistance en Haute-Savoie. Il est en effet l’auteur de plusieurs ouvrages qui sont le fruit d’un engagement de longue durée pour le recueil de sources, de traces et de témoignages. L’un d’eux, parmi les plus importants, concerne l’histoire de la Milice dans le département[1] ; un autre a été rédigé et publié à l’occasion du cinquantième anniversaire de la présence des maquis aux Glières[2]. Et c’est également Michel Germain qui a réalisé la plus récente refonte du l’exposition au rez-de-chaussée du Musée haut-savoyard de la Résistance à Morette[3].

 

Il s’est lancé dans sa téméraire entreprise de collecteur de traces alors qu’il était enseignant et qu’il constatait avec ses élèves l’absence d’études locales sur cette période, ce à quoi il voulut remédier. Et ce qui est désormais en bonne voie de réalisation. Michel Germain a certes trouvé des détracteurs, qui lui reprochent de s’en tenir à un mode de narration traditionnel convenu et de rendre compte des événements sur le mode du pathos ; mais aussi de fabriquer des dialogues dans ses narrations et de ne pas rendre suffisamment compte de ses sources. Or, en réalité, les formes d’écriture de la reconstruction du passé sont diverses. Des auteurs passionnés côtoient des chercheurs rigoureux. Ils peuvent se compléter, parfois s’opposer, se contredire. Comme le chaud et le froid. Mais c’est leur honnêteté intellectuelle qui compte le plus. À cette condition, ils sont alors en mesure de contribuer les uns et les autres à un travail d’histoire et de mémoire. Il faut donc souligner l’intérêt des livres de Michel Germain et du travail documentaire dont ils sont issus. Pour cela, ils sont aussi bien appréciés par de simples lecteurs que par des chercheurs, comme par exemple Gil Emprin qui a évoqué « l’inclassable Michel Germain » lors d’une journée d’études à Annecy le 24 octobre 2012[4] :

 

« Il est tout à la fois : auteur prolifique de tous types de livres, analyses historiques, chroniques, romans, conseiller de films, mais aussi militant de la mémoire. De 1985 à 1993, 6 livres avec des titres forts, au-delà du marketing de l'éditeur : les maquis de l'espoir, le sang de la barbarie en lettres gothiques, les barbelés de la honte...[] Le type du récit, c'est la chronique, basée sur le témoignage, [] d'où le recours aux dialogues reconstitués, qui peuvent heurter l'universitaire, mais une érudition qui impressionne. Un spécialiste, qui sait plus de choses que tout le monde réuni. Beau succès de librairie, son travail colossal de collecte de témoignages, de photographies et d’étude des archives départementales et locales a sauvé de l’oubli quantité de faits précis, d’épisodes de la vie quotidienne sous l’occupation. »

 

Vous l’aurez compris, Michel Germain est d’abord un collecteur de sources et un conteur, dans le meilleur sens du terme. Il ne propose pas des monographies conformes aux habitudes académiques. Mais il se situe dans une perspective d’histoire-mémoire qui concilie l’écoute des acteurs quels qu’ils soient et une quête de vérité dans des chroniques rendant compte du passé. Ainsi, il contribue à sa manière à une diffusion de connaissances sur l’histoire de sa région au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

Il est par ailleurs utile d’insister sur la somme documentaire qu’il a désormais mise à la disposition de tout un chacun, aussi bien dans ses ouvrages que dans ce qu’il a déposé au Centre de ressources documentaires du Service Mémoire et Citoyenneté duConseil général de la Haute-Savoie à Annecy.

 

Ce travail pour connaître et faire connaître cette période sombre de l’histoire haut-savoyarde s’enrichit donc aujourd’hui encore avec ce recueil de documents et, surtout, de témoignages.

 

 

 

 

L'ESSOR SAVOYARD a pris l'habitude de publier des articles  sur la 2è GM après des interview de Michel Germain. Voici l'un des derniers (mars 2013)